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Grand-papa virus



On a longtemps interdit aux virus de rentrer dans le club des êtres vivants sous prétexte qu'ils n'étaient pas fichus de se débrouiller tout seuls. Cette virusophobie était-elle fondée ou relevait-elle d'un esprit de vengeance d'un savant mal guéri d'une vilaine grippe ? On est en droit de se poser la question.

Heureusement, les temps changent et, si l'on ne sait toujours pas guérir les maladies virales, de récentes découvertes viennent mettre du baume au cœur des virusophiles, apportant quelques solides argument en faveur de l'intégration pure et simple et sans rechigner de cette corporation si mal aimée.

Le premier argument est celui de la diversité.

Rappelons qu'un virus est un truc doté d'un génome (un paquet de gènes qui lui est propre) qu'il perpétue en parasitant des cellules. Pour cela, il lui suffit d'entrer par effraction dans la cellule, d'y intégrer son génome dans celui de sa victime et d'en prendre le contrôle total. Toutes les cellules connues ont un génome fait d'une double chaîne d'ADN – vous connaissez sûrement cette molécule en colimaçon. L'ADN, c'est la molécules de lavie, grand dogme en acier chromé de la biologie. Et bien, chez les virus, on aime la fantaisie et on se moque doucement des dogmes. Du coup, vous pourrez rencontrer, à côté des virus à ADN double chaîne, d'autres à ADN simple chaîne, d'autres encore avec de l'ARN à la place de l'ADN, avec une ou deux chaînes... Une diversité inégalable !

Or, il y a une règle -sans doutes pas absolue, mais quand même- qui dit que la population qui présente la plus grande diversité a des chances d'être celle d'origine. Conclusion ? Les virus pourraient bien être les PREMIERS êtres vivants de la TERRE, ceux d'avant LUCA (LUCA étant l'ancêtre commaun à tous les êtres cellulaires connus.


Deuxième argument : ils sont les maîtres du brassage génétique.

La plupart des virus possèdent dans leurs génomes des gènes qui ne sont pas à eux. Des trucs qu'ils ont copiés par inadvertance ( à partir des gènes de la cellules hôte) en même temps que leurs gènes et qu'ils ont emportés avec eux. Du coup, en passant d'un hôte à un autre, il font du transfert de gène, donc du brassage génétique dont on commence à peine à soupçonner l'importance. La preuve, c'est tous les organismes (nous compris) possèdent dans leur propre génomes des gènes de virus !

Cela fait dire à certains que, sans les virus, il n'y aurait pas d'évolution... donc pas de vie !


Enfin, troisième argument : la découverte de virus aussi sophistiqués que... des bactéries.

Ce sont les virus géants comme le Mimivirus, le Pandoravirus ou le Pithovirus, tous découverts très récemment. Ils ont la particularité d'être très grand (pour des virus) puisque certains atteignent la taille de bactéries (1 µm environ). Ils possèdent même plus de gènes que certaines bactéries et, s'ils exercent toujours la profession de parasite, on trouve dans leurs génomes des tas de trucs utiles à la vie cellulaire. Et, chose troublante, ils possèdent des gènes provenant des trois grand domaines du monde cellulaire (archées, bactéries et eucaryotes).

Tout cela pourrait bien confirmer que la gente virale a précédé, dans l'histoire de la vie, la ceste des celluleux. Don les virus seraient nos ancêtres.

Pensez-y lors de votre prochaine grippe !

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professeur Noyau
Université de Trou-les-Pommes

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