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La science en chansons

1 La mamn des poissons      2Apprivoiser une mouche?     3 Restera-t-il un oiseau?      4 Le gorille

La maman des poissons

C'est charmant à souhait d'imaginer une maman poisson promenant ses petits chéris parmi les madrépores et les alcyons. Mais est-ce que ça existe pour de vrai ?


D'abord, qu'est-ce que l'instinct ? Ce serait, d'après les spécialiste, une série de comportements que tous les membres d'une espèces accomplit pour assurer sa survie et surtout, celle de son espèce. Et ça, même les poissons savent. Mais ont-il l'instinct maternel ?


Si vous vous adressez à une sardine ou un thon (ou une thonne!) ils vous regarderont avec leur yeux éberlués car ils ne savent même pas de quoi il est question. Une truite ou une saumonne pourra à la rigueur vous répondre qu'elle se sacrifie pour ses enfants car, effectivement, la plupart meurent après la ponte, épuisées par leur longue remontée des rivières depuis la mer. En fait les quatre cinquièmes des poissons ne s'intéressent pas un seul instant à l'avenir de leur progéniture et préfèrent en pondre des milliers à la fois pour assurer le coup.


Il existerai donc un cinquième du peuple icthyque qui chouchoute ses petits ? Hé oui ! Et parfois même avec un luxe de soin à faire pâlir une mère poule comme vous allez le voir. Mais avant tout, il faut signaler que les maman poissons ne sont quasiment jamais impliquées dans le pouponnage de l'alevin. Là on peut donc affirmer que Boby Lapointe s'est trompé, la Maman des poissons n'est pas spécialement gentille. Au contraire du Papa des poissons.


L'un des cas préféré des biologistes est celui de l'épinoche. Ce petit poisson d'eau douce construit un nid d'algue où il invite une jolie fille à venir pondre. Ensuite, il s'empresse de la chasser pour se consacrer entièrement à ses chers petits : et que je te les ventile, et que je te les protège... pas une minute il ne les perd du regard. Et ce paternage se poursuit après l'éclosion. Le papa épinoche surveille sans cesse ses bébés, les ramène au nid s'ils s'en éloignent, active sans cesse la circulation de l'eau et bien sûr, les défend de toutes bestioles mal intentionnées.

D'autres, protègent leurs enfants. Ainsi les poissons clown choisissent une belle anémone de mer bien urticante pour y déposer leurs œufs puis le mâle monte la garde tout le temps de l'incubation.


Mais, le plus bel exemple de paternage est bien celui de l'hippocampe -et de son cousin le syngnathe, dont personne ne cause jamais, que c'en devient injuste ! Ces poissons ont carrément inventé la grossesse du père !

Après une joyeuse parade, le couple d'hippocampe tout juste marié va s'employer à la fécondation : madame pond ses œufs dans une poche ventrale du mari. Pour cela, elle possède une sorte de,,, pénis ! Il s'agit en fait d'un oviducte, organe de ponte destiné à diriger les œufs au bon endroit.


Dès que la poche est pleine, la fille abandonne sournoisement son époux pour aller draguer un autre mâle, laissant le premier enceint d'une bonne centaine d'oeufs ! Après les avoir arrosés de ses spêrmatozoïdes, l'infortuné M Hippocampe attendra 4 semaine que ses petits sortent, tout formés. L'accouchement se fait par une succession de contractions du ventre qui expulsent les bébés et épuisent le papa... Le papa des des poissons !


 

Apprivoiser une mouche

Dans la chanson, un pauvre hère sortant de prison tente de se réinsérer honnêtement en présentant des numéros de dressage d'insectes. C'est que l'homme a eu le loisir de s’entraîner avec la Mouche Mireille, qui, apparemment, semblait très disposée à apprendre des tours. Mais est-ce possible en vrai, d'apprendre à une mouche à faire des loopings sur demande ?


Les bases pour apprendre : le plaisir et la mémoire

Lors d'un dressage, un animal apprend à exécuter un geste précis sur une indication du dresseur. Pour parvenir à ses fins, le dresseur de bête utilise les récompenses : avec un bon kilo de susucres, vous obtiendrez des prouesses de votre toutou, pour peu que vous soyez habile et patient.

cerveau de mouchePrenons un exemple : vous voulez que votre caniche danse sur ses pattes postérieures en tournant sur lui-même. Au début, il fera à votre signal des gestes laborieux et approximatifs car ceux-ci n'entrent pas dans son code gestuel habituel. Puis, dès qu'il exécute un mouvement « de danse », hop ! Un sucre. Le sucre -ou une autre friandise- active dans son cerveau des circuits de neurones qui libèrent de la dopamine. Cette substance active l'attention, favorise la mémorisation et génère une sensation de plaisir et de bien être qui donne envie de recommencer.

À chaque fois que le bon geste est effectué au signal donné , une récompense. Le caniche associe ce geste à la récompense, donc au plaisir et sera tenté de le refaire. Sa mémoire a imprimé l'association « signal-geste de danse-récompense ». tout apprentissage réussi passe par ce genre d'association.

D'autres dresseurs, moins sympathiques, utilisent la peur : lorsque l'animal ne fait pas ce qu'il faut, un coup de trique ! Là, c'est le circuit de la douleur qui sera activer, incitant la pauvre bête à éviter les gestes générateur de douleur. C'est le principe de la punition associée, dans la mémoire, à un signal précis et une réponse adaptée pour l'éviter. L'utilisation d'un mors dans la bouche d'un cheval est basée sur ce principe : si vous tirez dessus avec les rênes, c'est désagréable et le cheval cherche à stopper cette sensation en faisant ce que vous voulez. Le cheval étant une grosse bête d'une force inouïe, on n'a pas trouvé grand chose d'autres pour s'assurer son obéissance (en particulier dans certaines situations).


La mouche a-t-elle de la mémoire ?

La mouche, comme tous les insectes, possède une sorte de cerveau, mais pas vraiment fait comme celui des vertébrés, bien qu'il soit constitué lui aussi de milliers de neurones tout à fait classiques (bon, d'accord, il n'y en a guère plus de 100 000, mais, dans un si petit volume, c'est déjà pas mal!). Chez les vertébrés, le cerveau centralise toutes les commandes et toutes les sensations. Il associe les deux directement, et inscrit ces associations dans la mémoire. Chez les insectes, la tête contient un cerveau surtout sensoriel, tandis que le cerveau « moteur » est plutôt dans le thorax. Mais les deux sont bien reliés et permettent donc à l'insecte de réagir selon les informations reçues des sens.

Des savants minutieux se sont acharnés à étudier les capacités d'apprentissage des mouches drosophiles. Par exemple, une odeur particulière est diffusée et, aussitôt après, un vilain choc électrique -c'est ce qu'on appelle un renforcement négatif- est délivré sur les pauvres diptères. Après quelques séances, on donne à choisir aux mouche entre deux parfums : celui qui avait été accompagné de coups de jus, et un autre. Pas idiotes, la plupart choisissent le second. Il y a donc bien une capacité d'apprentissage -par conditionnement- des mouches.


Des études terriblement minutieuses ont même démontré l'organisation précise de cette mémoire de mouche : dans le cas de la mémoire olfactive, tout se passe au niveau d'une partie du cerveau nommée « corps pédonculés ». là, un premier groupe de neurones enregistre les informations et mémorise l'association d'apprentissage pour quelques heures. C'est la mémoire à court terme. Ensuite, si la situation est répétée, deux paires de neurones se chargent de canaliser les informations vers d'autres neurones pour que la mémorisation persiste plus longtemps. C'est la mémoire à long terme. Pour agir, ces neurones utilisent, comme chez les mammifères, de la dopamine.

On voit donc que ce petit cerveau plus étroit qu'une tête d'épingle fonctionne à peu de chose près, comme le nôtre.

D'autres expériences ont été menée sur des abeilles, par des savants moins sadiques puisqu'ils utilisaient un renforcement positif, le sucre. Là aussi, on parvient à créer un conditionnement de la bestiole qui tire la langue dès qu'elle perçoit le signal lié au sucre. Toutes ces expériences sont menées sur des insectes attachés ou enfermés dans des tubes.

Maintenant, si vous voulez dresser des mouches pour faire un numéro, il va y avoir du boulot, parce que, je ne sais pas comment on peut leur expliquer de faire un looping en agitant un petit fouet...

Restera-t-il un chant d'oiseau ?

Album :"Ferrat 2000" (Date de 1ère sortie du titre: 1961-62)


Que restera-t-il sur la terre
Dans cinquante ans

1962+50 ans ça nous fait pile 2012. c'est donc le moment de voir si l'ami Jean voyait juste, sur l'avenir de notre belle nature.


On empoisonne les rivières
Les océans

On mange des hydrocarbures
Que sais-je encore
Le Rhône charrie du mercure
Des poissons morts
Le Rhône est le second plus long fleuve français. Depuis les années cinquante il subit effectivement moult pollutions. Ainsi, en 2007, on interdit carrément toute consommation de poissons péchés dans le fleuve (et ses principales rivières) tant ils sont enrichis en polychlorobiphényls (PCB). Cette cochonnerie utilisée dans pas mal de procédés industriels est un cancérigène, un perturbateur endocrinien et métabolique, et immunitaire aussi, tant qu'on y est. Il a une excellente durée de vie -jusqu'à plus de 2000 ans- et s'accumule très bien dans les organismes.
[Refrain] :
Pour les enfants des temps nouveaux
Restera-t-il un chant d'oiseau

Le monde a perdu la boussole
Qu'a-t-il gagné
Des plages noires de pétrole
Pour se baigner

  • en 1967, le Torrey Canyon ;
  • en 1978, l'Amoco Cadiz (230 000 t);mareenoire

  • en 1989, l'Exxon Valdez,

  • en décembre 1999, l'Erika,

  • en décembre 2002 le Prestige,

 Il y aura eu de quoi donner raison à la chanson ! Il faut aussi ajouter les fuites de plates-formes pétrolières, les marées moins médiatisées parce que dans les pays paumés, ainsi que les tonnes de fioul déversées par les bateaux...


L'atome va régner sur terre
Comme un Seigneur
Qu'en ferons-nous c'est une affaire
Qui me fait peur



En 1962 l'état français mijotait de beaux projets : développer la « force de dissuasion atomique » (Hmpf ! Excusez-moi) et « l’indépendance énergétique » (prffff !!! réxcusez-moi!). Résultat : 58 réacteurs en service dans 19 belles centrales ainsi que de nombreuses installations disséminées sur tout le territoire. Près de la moitié des réacteurs ont plus de 30 ans et sont donc pleins de fissures et bientôt bons pour la retraite.

Les Polynésiens ont eu la chance de pouvoir assister à 138 essais de bombes atomiques dont 46 à l'air libre (entre 1966 et 1974). Sans conséquence pour la santé ni l'environnement, bien sûr puisqu'aucun polynésien cancéreux n'a eut droit à la moindre indemnisation.

Et puis il y a eu aussi Tchernobyl et Fukushima, mais c'était dans des pays exotiques et peu sûrs.

[Refrain]

A peine le malheur des hommes
Est-il moins grand
Que déjà pourrissent les pommes
Des nouveaux temps
Enfants enfants la terre est ronde
Criez plus fort
Pour que se réveille le monde
S'il n'est pas mort



…Il serait temps!!




Le gorille







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