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Hue!

1 gènes de robe     Histoire hippologique       3 Les derniers sauvages      Les extrêmes chevalins

Gènes de robe

les robes chevalines sont déterminées par des gènes. Tout un petit paquet de gènes dont les combinaisons permettront la production des pigments -ou leur absence. Vous voulez savoir comment ça marche ? Alors suivez le guide !

Il existe deux versions d'un gène pour les couleurs de base : le gène E (pour « Extension », c'est le nom qu'on lui a donné) détermine la production d'Eumélanine, pigment responsable de la couleur noire, et le gène e, pour la phéomélanine, de couleur rousse, donnant l'alezan. E est dominant sur e, donc un cheval ayant les allèles (c'est à dire les versions d'un gène, qui comme vous le savez sûrement, sont présents par paire dans nos petites cellules) EE et Ee sera noir. Un alezan, pour être alezan, a forcément les allèles ee. Vous suivez ?

Seulement, il existe un autre gène appelé « Agouti » qui existe en deux versions aussi : A dominant et a récessif. Lorsque le gène est dominant, il modifie la production des pigments en empêchant plus ou moins la fabrication de l'eumélanine noire. Du coup, un cheval ne peut être noir que s'il possède deux versions du gène Agouti récessives -et inactives (s'il est aa, donc). Ce n'est pas donné à tout le monde et c'est pourquoi les chevaux noirs sont assez rares -sauf races sélectionnées pour cela comme les Mérens ou les Frisons.

genes chevauxDonc un cheval ayant au moins un gène E et au moins un gène A ne sera ni noir, ni alezan, il sera bai, c'est à dire marron. Ainsi, avec un génotype A/a + E/E on est bai plutôt foncé, tandis qu'avec A/A + E/e on sera bai clair. Avec e/e on est forcément alezan mais avec a/a on n'est noir que s'il y a au moins un gène E. C'est simple, non ?

Ce n'est pas tout, car il existe des « gènes de dilution » qui vont atténuer la coloration de base. Ces gènes n'agissent qu'à l'état dominant, et leur effet est plus fort chez un cheval ayant deux allèles dominants -on dit qu'il est homozygote. Ainsi, avec un gène « gris » (G) dominant, vous aurez un cheval... gris. Ou plutôt, qui devient gris, car ce gène empêche la diffusion des pigments dans les poils entraînant une décoloration progressive :les chevaux camarguais par exemple, naissent colorés et finissent tout blancs. Deux allèles GG dominants donneront un cheval plus nettement « gris » qu'un seul.

Le gène « crème » (C) éclaircit les robes, donnant des chevaux « isabelle » (jaune et noir en fait, à condition d'avoir au moins un allèle a pour le gène agouti), ou Palomino, Cremello... Les teintes métalliques allant du brun clair au gris sont liées à la présence d'un gène « champagne » (Ch) et les mélanges détonnants de robe brune et de crinière claire, blanche ou blonde peuvent être dus au gène « silver » (Z).

le gène « Dun » (D) fait ressortir les caractères primitifs du cheval : pattes sombres et ventre clair, zébrures, raie sur le dos, crinière bicolore... Enfin, le gène « Blanc » (W) donne la couleur du cheval blanc d'Henri IV. Et là, un seul exemplaire de l'allèle dominant W suffit, car la présence de deux WW n'est pas compatible avec la vie (ce qui au passage montre que ces gènes ont bien d'autres fonctions que la couleur des poils)

Ajoutez à cela d'autres gènes qui lorsqu'ils sont présents sous leur forme active rajoutent encore des nuances, des points ou des taches, et vous aurez l'éventail de la garde-robe chevaline. Ce que c'est beau la génétique !


 

Histoire hippologique

Le cheval que l'on connaît aujourd'hui a une histoire qui ressemble à celle des hommes : l'espèce est récente, mais ses ancêtres remontent à loin, et leur histoire évolutive est foisonnante de branches et de rameaux développées au grès des modifications climatiques et paysagères. Et le genre Equus vit une mauvaise passe aujourd'hui puisqu'il est réduit à très peu d'espèces sauvages toutes au bord de l'extinction (rappelons que le genre homo est réduit à une seule espèce, éventuellement trois si on y colle les chimpanzés et les bonobos qui sont pas loin de disparaître).

L'histoire du cheval semble démarrer il y a 55 millions d'années avec l'apparition des périssodactyles1. Parmi ces vieux ongulés, les chercheurs de fossiles ont découvert une petite bestiole haute comme un roquet, aux dents rondelettes, mais dont les trois ou quatre doigts de chaque patte se terminent par des mini-sabots. Surtout, le crâne de cette bête baptisée Hyracotherium, rappelle bien la forme caractéristique du crâne chevalin.

Cet animal a eut une nombreuse descendance. Celle-ci, au cours du temps, a bien sûr évolué. Certains ont grandi. D'autres se sont peu à peu adaptés à un nouvel environnement, sans doute développé à la suite d'un refroidissement du climat : la steppe -ou la savane, bref, la plaine herbeuse. Les dents se sont endurcies pour supporter la raideur de l'herbe, des tables d'usure se sont développées -ce qui signifie que la dent a une croissance permanente, s'usant au fur et à mesure de l'usage.

Mais surtout, vu que dans la steppe, on ne peut guère se cacher derrière les arbres, puisqu'il n'y en a plus, la meilleure défense, pour un herbivore, devient la fuite. Et les ancêtre petit à petit, deviennent des champions de course : corps aérodynamique, musculature puissante et surtout, réduction des doigts. De quatre, on passe à trois puis à un chez les équidés d'aujourd'hui.

Mais attention, il n'y a pas eu une évolution en ligne droite de la petite bestiole forestière au fier destrier. Quand certaines espèces s'élançaient dans les vastes plaines herbeuses, d'autres vivaient tranquille, en forêt. Les chevaux mangeurs de feuilles (à dents basses côtoyaient des chevaux brouteurs d'herbes ( à dents hautes). Bref, l'arbre généalogique du canasson a pris un air de buisson.

Cette évolution a eu lieue tout au long de l'ère tertiaire, le cénozoïque. Mais le foisonnement initiale des espèces a fini par être contrarié par l'arrivée d'un concurrence terrible : celle des ruminants. Que ce soit en forêt ou en prairie, les équidés et les ruminants durent en effet se partager les herbes et les feuillages. Mais ces derniers, tels de laborieux industriels japonais, arrivaient avec une innovation qui sera fatale à la plupart des espèces de chevaux : la rumination. Ainsi, la diversité initiale des équidés a rapidement été réduite à peau de chagrin par l'arrivée des cornus.



1Perrissodactyle signifie « doigts impaires », il s'agit en fait des ongulés dont le poids repose sur un seul doigt au lieu de deux chez les artiodactyles comme la vache.


les derniers sauvages

cheval de przewalski

L’aurochs, ancêtre probable de la vache a disparu il y a quelques siècles déjà. On peut encore rencontrer quelques spécimens des ancêtres sauvages des moutons -sûrement le mouflon oriental- ou des chèvres -la chèvre sauvage d'orient ou chèvre égagre. Si le sanglier a de bonnes chances d'être le grand-père du cochon, on n'est pas tout à fait sûr -presque!- encore que le loup européen actuel soit celui du chien. Pour le cheval aussi, on a des doutes.

Au milieu du XIXeme siècle, un explorateur russe au nom imprononçable explorait les plaines de Mongolie extérieure lorsqu'il tomba nez à naseau devant un drôle de cheval : trapu, la crinière en brosse, le ventre clair et les jambes zébré, l'animal semblait vivre là loin de tout contact humain. Il s'agissait des derniers chevaux sauvages. On les baptisa chevaux de Przewalski – c'était le nom imprononçable du russe.

Ce qui frappa les esprits, fut la ressemblance entre ces animaux et les équidés peints dans les grottes telles que Lascaux. On tenait là un animal qui aurait croisé Cro-Magnon, un vestige vivant du paléolithique.

Malheureusement, le vestige disparut rapidement : en 1969 plus aucun cheval de Przewalski ne vivait à l'état sauvage. Les pauvres survivants mâchaient tristement du foin derrière des grilles de jardins zoologiques et de ménageries.

Il a fallu attendre les années 70 pour qu'un sérieux programme de réintroduction soit élaboré. Mais ce n'est pas facile de réintroduire des bêtes dans leur milieu. Il faut d'abord qu'elles réapprennent à vivre « comme des sauvages », fini le foin et l'abreuvoir, fini les soigneurs et les vétos. On installa alors dans une immense réserve un petit troupeau d'animaux issus de plusieurs zoos, pour éviter le plus possible les mariages co-sanguins -ce qui était plutôt optimiste, vu que tous ces chevaux descendaient d'une dizaine de reproducteurs seulement !

D'autres opérations de ce type ont été menées, notamment dans les Cévennes, en France.

Le troupeau prospéra dans ce milieu pauvre et froid. On tenta donc d'en lâcher une partie dans les plaines de leurs ancêtres. Opération réussie !

Aujourd'hui, la Mongolie compte  environ 300 chevaux sauvages (venus des quatre coins du monde) qui, pour l'instant en tout cas, semblent vivre tranquillement leur liberté.






Les extrêmes chevalins

Le plus petit cheval mesure 44 cm  pour 26 kg. Il s'agit d'un cheval miniature  atteint de nanisme (d'habitude, les chevaux miniatures font dans les 70 cm).


le plus grand cheval connu fut un shire de 2,19 m pour 1300 kg. Les shires sont de  très grand chevaux de traits anglais qui dépassent souvent les 1,80 m.

De nombreux chevaux dépassent les 30 ans d'âge, mais des records ont été établis à 62 ans pour un cheval anglais du dix-neuvième siècle, et plus récemment, un camargue  a atteint 47 ans et un ponay a fêté ses 57 ans avant de rendre l'âme!



Côté sportif, le record de saut en hateur a été attribué à Huaso, cheval chilien qui a franchit 2,47 m en 1949 (pas sûr qu'il ait eut envie de recommencer après).
Pour le saut en longueur, le record est établi à 8,40  m, ce qui est décevant puisque le record chez les humains est à 8,95 m. Mais il faut dire  que le poids de la bête n'est pas le même, ce qui est rudement handicapant pour sauter en hauteur ou en longueur.
Question vitesse, un cheval de course peut parcouris  1 km en 55s, soit une vitesse moyenne de 65 km/h. Des pointes à plus de 70 km/h ont été mesurées.
Pour l'endurance, un recode de 22km/h de moyenne sur 160 km de distance a été établi récemment, mais  on a quelques doutes sur le dopage, et encore plus sur la santé du cheval après une telle épreuve.
Ceux qui font de long voyages à cheval ( de  1000 à plus de 20 000 km dans l'année) parcourent engénéral des distances journalières comprises entre  40  et  60 km.
Enfin, il y a eut Hans le malin, un cheval qui savait faire des soustractions et des multiplications. Très futé l'animal, et surtout, hyper obsrvateur!






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