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Symbioses et alliances

1Symbiose?       2Kolkhoze médusien      3 Le cosaque anarcho-communo-biologiste
      4 Symbiosphère

Symbiose?

 
Alliance, symbiose, mutualisme, commensalisme... il y a plein de termes pour désigner les associations entre des êtres vivants. Mettons-y de la clarté.
Symbiose... Sym-biose, « ensemble-vie », « vie-ensemble ». Le terme parle de lui-même pour qui connaît vaguement le grec. Une symbiose désigne une association vitale entre deux êtres. Vitale au sens où l'un a besoin de l'autre pour sa survie.

La plupart des savants restreignent même le terme à des associations « à bénéfices réciproques », où chacun apporte quelque chose à l'autre, du « donnant-don-nant » quoi, ou « gagnant-gagnant ». Mais un para-site et son hôte vivent une forme de symbiose eux aussi et parfois, les deux en profitent. Comme vous le verrez dans ces pages, il y a des symbioses très étroites, d'autres plus lâches, moins obligées.
En général, on parle de symbiose quand elle associe des êtres de deux (ou plus) espèces, mais il en existe qui concerne une seule es-pèce, et même un seul ensemble de clones.

Parmi les différentes symbioses, on peut  distinguer celles qui sont « externes », les ectosymbioses, et celles qui sont « internes », les endo- symbioses, où l'un des associés vit DANS l'autre.
Et puis, il y a divers degrés dans ces relations : du simple auto-stoppeur comme le rémora qui s'accroche aux requins (on appelle ça alors la phorésie) à l'union totale de la zooxanthelle dans son polype (de la pure symbiose), en passant par la balane fixée à la moule, le héron garde-bœuf sur le dos d'un buffle (c'est du commensalisme) ou le poisson clown dans son anémone (là c'est du mutualisme) . Toute une diversité de relations que nous allons étudier ici.


Kolkhoze médusien

Une des créatures les plus dangereuses dumonde marin s'appelle Physalia physalis , on la surnomme la galère portugaise.
C'est une sorte de méduse, un cnidaire du groupe des siphonophores. Sa particularité ?
C'est d'être non pas UN animal (comme les autres méduses) mais une COLONIE. Un colonie très bien organisée où chacun a sa spécialité et en fait profiter les autres. Ici, c'est la vie en communauté et le partage qui est la règle.
Il y a d'abord le flotteur ou pneumatophore. C'est un individu en forme de sac, capable de se gonfler et de se dégonfler selon les nécessités. En dessous, certains individus, les gastrozoïtes se chargent de la digestion tandis
que d'autres, les gonozoïtes produisent spermatozoïdes et ovules. Ce sont donc les préposés à la reproduction.
Et puis il y a les dactylozoÏtes : de longs filaments rétractables. Ces fils qui peuvent atteindre 1 0 m de long sont truffés de cellules urticantes contenant un poison violent. Ils vous  foudroient le moindre poisson qui passerait par là. La victime est ensuite remontée jusqu'au service de digestion. La longueur des filaments pêcheurs de la physalie, la puissance du poison alliés à un nombre très important de cellules urticantes font que cette « bestiole » peut foudroyer un nageur malchanceux. Prudence, donc.









Le cosaque anarcho­-communo-biologiste

Né le 9 décembre 1 842, à Moscou, Pierre (Piotr) Alekseïevitch
Kropotkine est le descendant du Grand Prince Vladimir II Monomaque (?). Ce qui ne l'empêche pas de devenir officier cosaque de l'armée impériale, puis mathémathicien, géographe, pour finir anarchiste, membre de la
Fédération Jurassienne de la première internationale communiste, activité qui le conduira en prison à Lyon d'où il
sortira grâce à l'aide du grand Victor (Hugo). Un sacré parcours !
Mais ce qui nous intéresse c'est sa façon de voir le monde vivant et son évolution.
A la fin du XIXème siècle, les idées de Darwin commençaient à se répandre sérieusement dans les esprits. Mais, comme souvent, c'est plus à partir des écrits des « disciples » que de ceux de Darwin lui-même que les gens
s'instruisaient. Et ça, ça énervait Piotr. Ça l'énervait d'autant plus que la vision que l'on donnait de la théorie du Grand Charles était tronquée et ramenée à la seule idée de « struggle for life », la lutte pour la vie.
 
Ainsi Huxley, un ami de Darwin écrivait des trucs de ce genre : « jugé au point de vue moral, le monde animal est à peu près au niveau d’un combat de gladiateurs. Les créatures sont assez bien traitées et envoyées au combat ; sur
quoi les plus forts, les plus vifs et les plus rusés survivent pour combattre un autre jour. Le spectateur n’a même pas à baisser le pouce, car il n’est point fait de quartier. »
Piotr, qui avait longuement et minutieusement observé le monde vivant en Sibérie notamment, ne supportait plus qu'on rapportât pareilles âneries et publia un fort intéressant ouvrage : « L'entraide, un facteur de l'évolution ». Voici ce qu'il écrivit en 1 906 : « Nous voyons que les mieux adaptés sont incontestablement les animaux qui ont acquis des habitudes d’entr’aide. Ils ont plus de chances de survivre, et ils atteignent, dans leurs classes respectives, le plus haut développement d’intelligence et d’organisation physique Si les faits innombrables qui peuvent être cités pour soutenir cette thèse sont pris en considération, nous pouvons sûrement dire que l’entr’aide est autant une loi de la vie animale que la lutte réciproque, mais que, comme facteur de l’évolution, la première a probablement une importance beaucoup plus grande, en ce qu’elle favorise le développement d’habitudes et de caractères éminemment propres à assurer la conservation et le développement de l’espèce ; elle procure aussi, avec moins de perte d’énergie, une plus grande somme  de bien-être et de jouissance pour  chaque individu. »

 


Symbiosphère ?


A force de voir toutes ces bêtes, ces plantes, ces microbes et ces champignons vivre en association étroite, ne pourrait-on pas extrapoler l'idée de symbiose au monde entier ? Essayons...



Prenons un exemple simple : une vache. La vache nous donne son lait à boire (et accessoirement sa viande, mais avec moins d'enthousiasme). Elle nous nourrit donc nous dépendons de la vache.

En échange, nous la protégeons des affreux prédateurs et nous la nourrissons de bonne herbe fraîche (normalement...). Mais si la vache peut nous nourrir de son lait, c'est grâce aux millions de microbes qui peuplent sa panse et lui fournissent les protéines qui manquent à l'herbe fraîche. Quant à l'herbe fraîche, si elle a si bien poussé, c'est un peu grâce aux vers de terre et à toutes les petites bestioles qui rende fertile le sol (voir Drosophile n°4).

Donc, d'une certaine façon, nous devons notre nourriture aux vers que nous contribuons à nourrir de nos déchets.

Allons plus loin.

La bonne herbe fraîche pousse par photosynthèse, activité qui nécessite du dioxyde de carbone (CO2). Or, ce gaz est rare dans l'atmosphère. Si son taux ne diminue pas, c'est grâce à l'ensemble des êtres vivants dont le métabolisme en rejette sans cesse.

Donc l'herbe fraîche dépend des autres êtres pour son approvisionnement. Donc la vache aussi et finalement, nous de même.



En fait, ce raisonnement est valable pour toute bestiole sur notre bonne vieille Terre. La survie d'une espèce ne dépend pas du fait qu'elle soit plus forte que les autres, ni plus adaptée mais est liée aux relations qu'elle tisse avec bon nombre d'espèces autour d'elle.

Prenons l'exemple du zèbre pour changer de la vache. Le zèbre dépend pour sa survie des herbes qu'il mange, bien sûr, mais aussi des autres zèbres ainsi que des gnous et diverses gazelle avec qui le zèbre forme un troupeau protecteur.

Sa santé dépend aussi de la corporation des oiseaux nettoyeurs, de celles des microbes intestinaux. Mais aussi de la bonne forme des lions, panthères et autres fauves. En effet, ces chasseurs avertis préfèrent en général courir après des proies fatiguées, maladives ou affaiblies, ce qui contribue à maintenir en bonne santé le troupeau. Ils évitent aussi qu'il y ait trop d'herbivores (car trop d'herbivore tue l'herbivore), aidés en cela par les virus et autres parasites.



Conclusion, l'espèce zèbre a autant besoin de l'herbe que du lion pour sa survie, tout comme le lion a besoin du zèbre, donc de l'herbe qui elle-même a besoin qu'il y ait des lion pour empêcher les zèbre de tout manger.

Donc symbiospshère ! Chaque espèce est liés aux autres.

Si jamais une espèce décide de se défaire de ces liens et de n'en faire qu'à sa tête, elle pourrait finir par avoir des problèmes.



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